Bienvenue dans un nouvel épisode du podcast “Intégration ou ReImmigration”.
Je suis l’avocat Fabio Loscerbo et aujourd’hui nous allons parler d’une décision très importante de la Cour suprême italienne qui pourrait avoir des conséquences bien au-delà de l’Italie.
Il s’agit de l’ordonnance numéro 13955 du 13 mai 2026 rendue par la Cour suprême de cassation italienne.
La question centrale est simple : lorsqu’un étranger fait l’objet d’une mesure d’éloignement, faut-il regarder uniquement sa situation administrative ou faut-il également tenir compte de son niveau réel d’intégration dans la société ?
L’affaire concernait un ressortissant albanais menacé d’expulsion. Avant cette mesure, il avait officiellement demandé ce que le droit italien appelle une “protection complémentaire”.
Pour le public français, il est important de comprendre que cette notion ne correspond pas exactement à l’asile classique.
En Italie, la protection complémentaire permet aux juges de prendre en considération la vie privée et familiale, l’intégration sociale, le travail et les liens développés dans le pays d’accueil.
Le premier juge avait considéré que la situation de cette personne relevait simplement de l’irrégularité administrative.
Mais la Cour suprême italienne a adopté une position très différente.
Elle a affirmé que les juges doivent également examiner les liens familiaux, l’intégration professionnelle et la situation personnelle concrète de l’étranger avant de confirmer une expulsion.
Et c’est précisément ce qui rend cette décision importante.
Parce que la Cour refuse deux visions extrêmes.
D’un côté, elle ne défend pas l’idée d’une immigration sans contrôle ou d’un droit automatique au séjour.
Mais de l’autre, elle refuse aussi une logique purement mécanique de l’expulsion fondée uniquement sur les papiers administratifs.
La Cour semble au contraire ouvrir une troisième voie : celle selon laquelle les États doivent distinguer les personnes qui ont développé une véritable intégration de celles qui ne l’ont pas fait.
Et c’est exactement le cœur du paradigme “Intégration ou ReImmigration”.
L’idée est simple : l’intégration doit avoir une valeur concrète.
Le travail compte.
Le respect des règles compte.
Les liens familiaux comptent.
La participation à la société compte.
Cette décision montre que, désormais, l’intégration n’est plus seulement un débat politique ou sociologique en Europe. Elle devient progressivement un véritable critère juridique.
Merci d’avoir écouté cet épisode du podcast “Intégration ou ReImmigration”.
Je suis l’avocat Fabio Loscerbo et je vous retrouve dans le prochain épisode.

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